
LES TROUVAILLES DU CONFINEMENT


gilours


VOTANTS LA-PRIME-À-LA-SORTANTE-L’ÉLUE-COVID-19-GIRERD-LA-BALKANY-DE-L’ISÈRE, LES NANAS ET LES MECS INTERVIEWÉ.ES ICI VIENDRONT UN JOUR VOUS RÉVEILLER !




MERCI DE CLIQUER S’IL VOUS PLAIT SUR LE LIEN EN BAS POUR OBTENIR LES 7 PREMIERS NUMÉROS DE “ L’OURS MAL LÉCHÉ “ , JOURNAL QUI SE PRÉSENTE DANS SON N° 1, UN GOUTÉ PRESQU’HEBDO GRATIS DISTRIBUÉ À RENAGE DANS L’ISÈRE EN FRANCE EN 2020 ET DONT LA DIFFUSION BIENTÔT PRESQUE MENSUELLE REPRENDRA POUR S’ÉTENDRE AU CANTON, À L’INTER-CO, AU VOIRONNAIS ET AUX GOURMANDS DE LA NEWSLETTER gilours :
N° 1 &
N° 2 : LES MAGOUILLES, LES CUMULES, LE SECTARISME, LE CARRIÉRISME ET LES EMPLOIS FICTIFS DE VALLINI-GIRERD,
N° 3 : LA POLICE ;
N° 4 : LA SANTÉ ;
N° 5 : LA LAÏCITÉ ;
N° 6 : LA JUSTICE ;
N° 7 : LE PS D’EXTRÊME DROITE ;
DONT DEDANS QUELQUES TARTINES SUR LES ÉLECTIONS, LA MARQUE DE FABRIQUE “ LA GRANDE FABRIQUE “, LES PRÉCAIRES ET LES SANS DENTS, LE SYNDICALISME, LA LIBERTÉ D’EXPRESSION …
BON APPÉTIT ! EN ATTENDANT LES N° SUR LES MUNICIPALES, LA PRESSE LOCALE, L’INTER-CO, LE PATRIMOINE, LE COVID ET LE COPLEIN & LE CORONAVIRUS ET LE CORONAVIROURS …
MERCI ET PRENEZ SOIN DE VOUS.
MERCI DE CLIQUER S’IL VOUS PLAIT SUR LE LIEN EN BAS POUR OBTENIR LES 7 PREMIERS NUMÉROS DE “ L’OURS MAL LÉCHÉ “ , JOURNAL QUI SE PRÉSENTE DANS SON N° 1, UN GOUTÉ PRESQU’HEBDO GRATIS DISTRIBUÉ À RENAGE DANS L’ISÈRE EN FRANCE EN 2020 ET DONT LA DIFFUSION BIENTÔT PRESQUE MENSUELLE REPRENDRA POUR S’ÉTENDRE AU CANTON, À L’INTER-CO, AU VOIRONNAIS ET AUX GOURMANDS DE LA NEWSLETTER gilours :
N° 1 &
N° 2 : LES MAGOUILLES, LES CUMULES, LE SECTARISME, LE CARRIÉRISME ET LES EMPLOIS FICTIFS DE VALLINI-GIRERD,
N° 3 : LA POLICE ;
N° 4 : LA SANTÉ ;
N° 5 : LA LAÏCITÉ ;
N° 6 : LA JUSTICE ;
N° 7 : LE PS D’EXTRÊME DROITE ;
DONT DEDANS QUELQUES TARTINES SUR LES ÉLECTIONS, LA MARQUE DE FABRIQUE “ LA GRANDE FABRIQUE “, LES PRÉCAIRES ET LES SANS DENTS, LE SYNDICALISME, LA LIBERTÉ D’EXPRESSION …
BON APPÉTIT ! EN ATTENDANT LES N° SUR LES MUNICIPALES, LA PRESSE LOCALE, L’INTER-CO, LE PATRIMOINE, LE COVID ET LE COPLEIN & LE CORONAVIRUS ET LE CORONAVIROURS …
MERCI ET PRENEZ SOIN DE VOUS.

… faîtes une attestation pour « achat de première nécessité », allez au bureau de tabac, bonjour monsieur, bonjour madame, un Postillon s’il vous plaît, trois euros seulement ?, merci beaucoup, et puis rentrez chez vous.
Si jamais vous trouvez ce numéro digne d’intérêt, vous pouvez faire tourner ce mail, en parler à vos voisins et vos cousines, laisser un mot dans le hall d’immeuble, la situation sanitaire nous empêchant de vendre à la criée et d’afficher pour annoncer la sortie de ce numéro. Dans tous les cas, bonne lecture !
Pour voir le sommaire de ce numéro : https://www.lepostillon.org/-Printemps-confine-2020-.html
Et en bonus, voilà l’édito :
Pourquoi faire un journal papier ?
Notre pronostiqueur politique est un génie incompris, avec toujours un temps d’avance. Fin janvier, il pariait sur le coronavirus comme un des gagnants probables des élections municipales grenobloises, coté seulement à 15,8 dans Le Postillon n°54 sorti début février. À l’époque, qui l’aurait suivi ? Même pas moi, c’est dire.
Depuis, le Covid-19 a fait vaciller le premier tour des élections, entraînant une abstention encore plus forte que d’habitude, puis a terrassé le second tour, tout simplement reporté. La cuvette, comme la moitié de la planète, tourne au ralenti, et tout le monde se rend compte que les éboueurs, les infirmières, les caissières, les paysans, sont quand même beaucoup plus utiles que les webmasters et les publicitaires. Le grand public s’aperçoit qu’une nation peut être deux fois championne du monde de foot, posséder 58 réacteurs nucléaires, 300 missiles atomiques et des start-up par milliers, tout en étant en pénurie de masques en papier au bout de quelques jours de pandémie.
La mode de la collapsologie , l’étude des effondrements à venir, ça n’a jamais été mon truc. N’empêche que des fois, quand je pensais à d’hypothétiques grandes crises ou « effondrements », j’imaginais plutôt un arrêt brutal des réseaux, électriques, téléphones, internet. Une grande panne. Le monde ultra-connecté mis à l’arrêt, les absurdités de la vie virtuelle éclatant au grand jour, quantité de boîtes ou d’administrations incapables de fonctionner et l’obligation de se creuser le ciboulot pour réapprendre à faire sans les outils de communication modernes. La crise du coranovirus nous propose tout l’inverse. Plus grand-chose ne fonctionne, à part les réseaux. Presque tout est interdit, à part passer sa journée derrière des écrans. Presque toute création est impossible, à part s’il s’agit d’enseignement à distance, de « solidarité numérique » ou de réinventer sa vie sociale à coup d’apéros Skype ou de discussions sans fin sur des groupes de discussions privées.
Impossible de savoir comment on sortira de cette crise, nous, les Grenoblois, les Cuvettiens, les Français, et le reste du monde : on espère la fin d’un système et l’écroulement de la caste dirigeante mais on ne peut que redouter la « stratégie du choc » et un monde encore plus injuste et dévasté – nos gouvernants sont prêts à tout. Les grands gagnants risquent bien d’être l’industrie du numérique et les développeurs de l’e-monde, et voilà bien une des grandes ironies de l’histoire, alors que « le virus n’est pas la cause, mais la conséquence de la maladie industrielle ».
On constate déjà que les gadgets ineptes profitent d’un grand coup de pub inespéré. Tenez, prenez par exemple l’hôpital de Grenoble – appelé désormais Chuga (Centre hospitalier Grenoble-Alpes) – qui fait face au virus, malgré le manque de moyens et de personnel sciemment organisé par les politiques depuis des dizaines d’années. Au début de l’épidémie, le Chuga a lancé, via sa Fondation, un appel à dons « urgence Covid-19 ». Le club de supporters de foot de Grenoble, les Red Kaos, l’a notamment relayé, en lançant sur Paypal une « caisse de solidarité pour le personnel hospitalier du CHU de Grenoble ». Curieuse époque où dans la sixième puissance mondiale, l’hôpital public en est réduit à faire des kisskissbankbank pendant que le gouvernement est capable de débloquer 4 milliards d’euros pour aider les start-ups à survivre à la crise. À quoi les 84 000 euros récoltés au 27 mars vont-ils servir ? À « acheter 120 tablettes pour les malades » et à équiper La Bulle, « un espace de détente, dédié aux soignants et médecins en réanimation intervenant sur les cas de Covid-19. “Il sera notamment équipé de casques de réalité virtuelle pour leur permettre de s’extraire de leur environnement de travail”, a précisé le Dr Laurent Grange » (Place Gre’net, 27/03/2020). Ces casques de réalité virtuelle permettront-ils aux soignants de s’immerger dans un monde où les hôpitaux publics proposent des conditions de travail décentes ?
La santé n’est, bien entendu, pas le seul secteur touché par la course aux high-tech. L’information fait aussi partie des contaminés : depuis le début de la crise, les audiences des sites d’information explosent quand les ventes de journaux en tabac-presse chutent. Rendez-vous compte, même Le Canard enchaîné, journal n’ayant pas changé sa maquette depuis la Commune de Paris et ayant jusque-là refusé presque toute compromission avec le Web (ce qui ne l’empêche pas d’être un des rares journaux bénéficiaires de France), vient de lancer une « version numérique ». Ah, ça m’a foutu un coup, dis donc.
Et le petit Postillon grenoblois dans ce bordel ? Passons rapidement sur toutes les bonnes blagues reçues en cette période où les postillons représentent le mal absolu – « il paraît que des politiques veulent interdire Le Postillon »; « pour lire Le Postillon, portez un masque » ; « au moins, vous, vous avancez masqué », etc. L’occasion de rappeler l’origine de notre nom, repris d’un journal grenoblois du XIXème siècle, époque où les postillons ne désignaient pas des gouttelettes sortant de la bouche à grande vitesse, mais les conducteurs des diligences qui apportaient les nouvelles.
Mais comment apporter des nouvelles pendant le confinement ? Lancer une « version numérique » ? Hors de question, on a une fierté. Sortir quand même un numéro ? Certains buralistes ferment, on ne pourra pas faire de criée, échec assuré. Alors on a d’abord pensé zapper ce numéro. Jour après jour, je me suis rendu compte qu’un des trucs qui me manquaient le plus dans cette période cloîtrée, c’était la lecture du Daubé au bar tous les matins. Pour vous dire : depuis quinze ans, j’avais dû acheter trois fois Le Daubé mais lire la quasi-totalité des numéros. Depuis le début de la crise, j’en suis réduit à l’acheter tous les matins. Pas tant pour soutenir les salariés d’un groupe appartenant au Crédit mutuel, mais parce que j’aime ce moment, tourner les pages, se faire surprendre par une nouvelle locale qu’on n’aurait pas lue sur internet, se dire qu’il est quand même bien vide ce matin, lire son horoscope tellement décevant à chaque fois.
Depuis le début de la crise, on m’envoie quantité de liens numériques, d’articles, de tribunes, de vidéos, de blagues et, en fait, je ne regarde presque rien. Parce que ça m’emmerde de passer encore plus de temps derrière cet écran. Parce que tous ces discours, ces idées, ces reportages, je préférerais mille fois les lire sur papier, sans devoir zapper, cliquer, liker, s’abonner. Alors au bout d’une semaine, l’envie est revenue. Comme dirait Trump : « Notre journal n’a pas été construit pour être mis à l’arrêt. » STMicro et les usines à puces électroniques continuent de tourner, nous on prétend faire une activité bien plus indispensable. Bien entendu, on a fait attention, télétravail, gestes barrières, on était juste cinq pour le bouclage (ah ! comme c’est triste) et les rares bières qu’on a bues c’était à deux mètres de distance. Bien entendu, ça risque d’être un échec commercial, parce qu’on va diminuer le tirage, parce que plein de gens n’iront pas chez les buralistes. Bien entendu, ce qu’on écrit maintenant, mi avril, sera peut-être périmé au moment où vous le lirez. Mais quel plaisir de lancer un bon gros postillon à la face du virus de la vie virtuelle ! À vos masques et bonne lecture !